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Marianne

"L'ISF ne réduit pas les inégalités" : l'intox de Bruno Le Maire (Wed, 18 Oct 2017)
Bruno Le Maire scoue le Gini un peu trop fort. Bruno Le Maire a trouvé un nouvel argument anti-impôt sur la fortune : le supposé faible impact de l'ISF sur la réduction des inégalités. Sauf que les chiffres du rapport cité par le ministre de l'Economie contredisent une telle affirmation… Lors de la discussion générale du projet de loi de finances (PLF) 2018 à l'Assemblée nationale, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, a trouvé ce mardi 17 octobre un nouvel argument anti-ISF : l'impôt sur la fortune aurait un faible impact sur la réduction des inégalités en France. Pour justifier auprès des députés son abrogation, il a ainsi développé ce qu'il croit ête un bon filon : « Nous sommes profondément attachés à un modèle français qui vise à réduire les inégalités (...) La redistribution résulte pour 66% des prestations sociales. Les prélèvements directs y contribuent à hauteur de 34%, cet effet reposant presque intégralement sur l’impôt sur le revenu et sur les cotisations sociales. Faut-il rappeler que l’ISF n’y contribuait qu’à hauteur de 2%, d’après le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires de 2011 ? ». L’ancien candidat à la primaire de la droite fait référence à un petit tableau publié dans un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) sur ce qu'on appelle "le coefficient de Gini*". Ce n’est pas la première fois que Bruno Le Maire dégaine cette statistique qui sert à mesurer les inégalités au sein d’un groupe de personnes, en l'occurrence celui des résidents français. Chez Marianne, on s'est aussi souvent penché sur ce travail de grande qualité au sujet de la fiscalité des ménages. Et jamais de telles conclusions n’étaient ressorties de ce travail : Bruno Le Maire en fait une lecture sinon maladroite, au pire mensongère. L’argument dégainé par le ministre pourrait même se retourner contre lui ! Exemple : parmi les dispositifs qui réduisent le plus les inégalités mesurés par l’indice de Gini figure… l'aide personnalisée au logement (APL), que le gouvernement a justement réduite. En milliards d'euros Contribution à la baisse de Gini Contribution en % à la baisse de Gini pour chaque milliard d'euros dépensé Prestations - 51 67% 1,31 Allocations logement 14,5 21% 1,45 PF-sans-conditions 14,6 14% 0,96 PF-sous-conditions 7,4 8% 1,08 AAH-et-ASPA 7,5 10% 1,33 RSA-«Socle» 5,7 10% 1,75 RSA-«Activité» 0,8 4% 5,00 Instruments-fiscaux 68,5 32% 0,47 IR-hors-PPE 47,7 28% 0,59 Taxe d'habitation 14,6 0% 0,00 PPE 3,9 2% 0,51 ISF 3,3 2% 0,61 Que nous dit en détail ce tableau, issu de celui du CPO en 2011 ? Première chose : le chiffre de 2% de contribution de l'ISF à la baisse du Gini cité par le ministre est vrai. Mais il reflète moins sa contribution qualitative que quantitative : l’ISF pèse 3,3 milliards d’euros sur les presque 120 milliards que totalisent l’ensemble des dispositifs. C'est peu. Mais une question reste : l'ISF est-il plus ou moins efficace pour baisser le Gini que les autres ? Pour le savoir, nous avons ajouté une colonne permettant de mesurer comment chacun des milliards des différents dispositifs influence le Gini… L'ISF, impôt le plus performant pour réduire les inégalités Première conclusion : les milliards qui sont injectés sont plus efficaces que ceux comptabilisés au titre des prélèvements directs. Chaque milliard de prestations contribue ainsi pour 1,31% à la baisse du Gini, contre 0,47% pour chaque milliard de prélèvement. C’est bien logique, puisque c’est la nature même des dépenses sociales que de corriger les inégalités, alors que la nature des impôts est d’abord de produire des ressources pour le budget et, ensuite seulement, de corriger les inégalités. Mais alors, qu’en est-il parmi les prélèvements directs de l’ISF ? Le tableau est sans appel : chaque milliard prélevé via l’ISF contribue pour 0,61% à la baisse du Gini. C’est tout simplement… le meilleur score parmi les l’ensemble des prélèvements. Autrement dit, si l’objectif du ministre de l’Economie était comme il l’affirme de baisser les inégalités, il serait efficace et urgent de basculer l’ensemble des prélèvements sur l’ISF plutôt que de l’abroger ! Au passage, il pourra aussi penser à rétablir les APL rabotés, puisque le dispositif est particulièrement efficace en termes de réduction des inégalités : chacun des milliards qui y sont consacrés contribue pour 1,45% à la baisse du Gini, contre 0 pour la taxe d’habitation. Lire aussiLe gouvernement compte reprendre 400 millions d'APL et en redonner autant… aux 1.000 Français les plus riches *Voici la définition de l’indice de Gini selon l’Insee : "L'indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique d'inégalités de salaires (de revenus, de niveaux de vie...). Il varie entre 0 et 1. Il est égal à 0 dans une situation d'égalité parfaite où tous les salaires, les revenus, les niveaux de vie... seraient égaux. A l'autre extrême, il est égal à 1 dans une situation la plus inégalitaire possible, celle où tous les salaires (les revenus, les niveaux de vie...) sauf un seraient nuls. Entre 0 et 1, l'inégalité est d'autant plus forte que l'indice de Gini est élevé. Remarque : une baisse de l'indice de Gini observée entre deux dates indique une diminution globale des inégalités. A l'inverse, une élévation de l'indice reflète une augmentation globale des inégalités."
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Le gouvernement compte reprendre 400 millions d'APL et en redonner autant aux 1.000 Français les plus riches (Wed, 18 Oct 2017)
Macron, les bons tuyaux… pour les contribuables de l'ISF. En admettant qu'il rendrait 400 millions d'euros en 2018 à 1.000 Français qui paient l'impôt sur la fortune (ISF), Bruno Le Maire avait sans doute oublié que c'est aussi la somme que rapporteront l'an prochain les 5 euros sur l'APL repris à 6,5 millions de Français modestes. De quoi alimenter le procès d'un Emmanuel Macron "président des riches"… Un trou de 100 millions d'euros dans le budget. C'était l'argument avancé par le gouvernement d'Emmanuel Macron pour justifier la baisse, en vigueur depuis le début du mois d'octobre, de 5 euros de l'aide personnalisée au logement (APL) pour chacun de ses bénéficiaires. Pour appuyer son argument, lors de l'annonce du coup de rabot en plein mois de juillet, Bercy s'était appuyé sur un bilan du dispositif par la Cour des comptes en juin 2017. Celui-ci relevait une "sous-budgétisation de l'aide personnalisée au logement" de l'ordre de "100 millions d'euros". S'il voulait les récupérer avant la fin de l'année, le gouvernement avait fait le calcul : rogner toutes les APL de 5 euros rapporterait en effet 100 millions en un trimestre (octobre, novembre, décembre). Lire aussiQui de Macron ou Hollande a décidé de baisser les APL de 5 euros : la mise au point Mais le gouvernement n'a jamais précisé qu'une fois rebouché ce trou dans les finances publiques, les 5 euros d'APL seraient de nouveau redistribués, à partir du 1er janvier 2018. Tout juste a-t-il annoncé une refonte du système pour 2019. En attendant, ce coup de rabot va donc lui faire économiser l'an prochain, en année pleine, quatre fois plus, soit 400 millions d'euros. "Nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1.000 premiers contributeurs à l'ISF" Tiens, 400 millions d'euros ! C'est justement la somme révélée ce mardi 17 octobre par Bruno Le Maire quand il a été interrogé sur la pétition lancée par Libération et signée par une centaine de parlementaires, réclamant que le gouvernement dévoile l'impact pour les plus riches des mesures prévues en leur faveur par son projet de loi de finances (PLF) pour 2018. Soit la suppression d'une majeure partie de l'impôt sur la fortune (ISF), plus la mise en place d'un prélèvement forfaitaire unique (PFU, dit "flat tax") limitant l'imposition des revenus du capital à 30%, CSG comprise (donc 12,8% d'impôt). Refusant d'accéder à la requête de la pétition au prétexte du "secret fiscal" - sans dire en quoi donner les chiffres sans donner les noms remettrait en cause ce secret -, Bruno Le Maire a en revanche assumé auprès du Monde un point : "Nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1.000 premiers contributeurs à l'ISF". En clair, vous l'aurez donc compris : l'an prochain, le gouvernement compte reprendre d'une main 400 millions d'euros d'APL à 6,5 millions de Français modestes pour en redonner autant aux 1.000 Français les plus riches, ceux qu'Emmanuel Macron a désignés lors de son interview dimanche sur TF1 comme les "premiers de cordée". Dont la corde paraît plus que jamais soutenir les pendus de l'APL… Lire aussiGrâce à Macron, les rentiers paieront moins d'impôts… que la plupart d'entre vous !
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Témoignage contre le blocage de l'ascenseur social à l'université (Wed, 18 Oct 2017)
Gérard Gouesbet, professeur émérite des universités qui n'a "jamais mis les pieds dans un lycée", réagit à la possibilité de dissuader les bacs pro et technologiques de s'orienter vers la fac. J’ai violemment et viscéralement réagi à propos de l’idée selon laquelle il est question de « dissuader les bacheliers professionnels et technologiques » de s’inscrire à l’université [une question soulevée dans notre magazine 1073, ndlr]. Cette réaction se comprendra aisément lorsque j’aurai expliqué mon parcours atypique. D’origine sociale « défavorisée », selon la formule euphémistique en usage, je n’ai jamais mis les pieds dans un lycée. Après le Brevet des collègues, j’ai été orienté vers des études industrielles, et ai obtenu un BEI (Brevet d’études industrielles) puis un BTS (Brevet de technicien supérieur), ceci dans les années 60. Je n’ai donc jamais mis les pieds dans un lycée et je ne possède pas le bac, qu’il soit professionnel ou autre. Je suis rentré à l’université sur équivalence et, après une première année certes difficile (où quatre ou cinq de mes compagnons en BTS ont échoué), j’ai suivi un parcours universitaire classique jusqu’à la thèse de troisième cycle, et au doctorat d’Etat. J’ai pu financer ces études grâce à un poste de maître d’internat de « pion ») puis d’enseignant du secondaire. Ma carrière s’est ensuite effectuée en tant que chercheur au CNRS, puis d’enseignant-chercheur en tant que Professeur des Universités. J’ai publié plus de 500 articles scientifiques, édité et publié plusieurs livres. J’ajoute, pour les initiés, que mon nombre de citations a dépassé le chiffre de 11 000, que mon h-index est de 54, et que, évidemment, je suis un citoyen du monde. "Les jeunes d'origine sociale défavorisée ont plus besoin d'encouragements que de dissuasion" On peut parler d’une réussite atypique (certes, non financière) qui n’a été possible que par mon accès à l’université sur équivalence, et par la liberté d’esprit qui a régné dans ces murs vénérables. L’idée mentionnée plus haut de « dissuader les bacheliers professionnels et technologiques » de s’inscrire à l’université m’aurait peut-être effectivement dissuadé, alors que les jeunes d’origine sociale « défavorisée » (où il n’y a pas de livres, pas de discussions, pas de musique) ont plus besoin d’encouragements que de dissuasion. Je ne méconnais pas l’intérêt comptable d’une démarche dissuasive et, en tant que physicien, je comprends très bien ce qu’est un bilan, qu’il s’agisse d’énergie, de quantité de mouvement, ou de matières financières (palpables ou virtuelles). Mais une société qui déciderait de se régir en ne réagissant que sur des critères du type bottom line se préparerait de tristes futurs. Tout en espérant me tromper, « j’ai bien peur que la fin du monde soit bien triste », comme chantait notre Brassens national (éternel bien qu’il appartienne au vieux monde). Marianne ouvre le débat sur la situation de nos universités ! Envoyez vos textes à debattons@marianne.net
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Prédateur sexuel : "Il m’a dit que si je ne cédais pas, il allait me 'mettre la misère'. Il l’a fait" (Wed, 18 Oct 2017)
Comédienne, Raphaëlle* a été harcelée sexuellement par un directeur de théâtre pendant 10 mois. Raphaëlle* est comédienne. Pendant dix mois, alors qu’elle produit un spectacle, elle est harcelée par le directeur du théâtre. Devant son refus, il se venge sur son équipe. Ne pouvant changer de lieu de représentation, elle s’est battue comme elle a pu et a confronté son prédateur. Dans la lignée des révélations sur le producteur Harvey Weinstein et la naissance du mouvement #balancetonporc sur les réseaux sociaux, Marianne donne la parole à des femmes et à des hommes victimes de prédateurs sexuels. Quel que soit leur milieu, quelle que soit leur histoire. Retrouvez notre série de témoignages ici. "J’ai été harcelée pendant dix mois par un directeur de théâtre. En tant que comédienne, cela faisait depuis 2008 que je jouais dans le lieu qu’il dirigeait – et dirige encore. À part des petits regards merdiques, et des phrases vraiment pas terribles de temps en temps, je n’avais pas à me plaindre. Je trouvais quand même son comportement franchement douteux à l’égard des autres femmes. Typiquement, un tatouage dans le bas du dos indiquait pour lui "le sens de l’entrée", et il ne se gênait pas pour le dire. C’est en novembre de l’année dernière que tout a changé pour moi, alors que je produisais un spectacle dans ce théâtre, avec un ami. C’est arrivé d’un coup, quand le directeur a appris que j’avais couché avec quelqu’un du travail. Il a dû se dire que lui aussi y aurait droit. La première altercation a eu lieu fin novembre. J’étais allée le voir pour lui demander quand on allait commencer le spectacle car on avait 20 minutes de retard – il y avait quelques problèmes au niveau des installations. Il m’a dit : "Qui êtes-vous pour me parler comme ça ? Vous n’êtes bonne qu’à baiser". Ensuite, il m’a dit qu’il coucherait bien avec moi et que c’est moi qu’il aurait dû emmener en club échangiste – quelques temps avant, il y était allé avec une autre comédienne, qu’il fréquentait pendant un moment. Je lui ai dit : "Plutôt vomir" et je suis sortie. J’avais 38 ans, lui 65. "Je suis si dégueulasse que ça pour que vous ne vouliez pas coucher avec moi ?" Peu de temps après, un membre de mon spectacle a eu un accident à cause d’une installation. Ce n’était pas le premier incident depuis le début de nos représentations, alors j’ai demandé une réunion avec le directeur du théâtre. À la fin de cet entretien, il m’a menacée : "Si vous ne cédez pas, vous savez très bien que je pourrai vous mettre la misère". Et il l’a fait. Éteindre la lumière pendant le spectacle, mettre la clim à fond alors qu’on était en janvier et qu’il y avait 200 personnes dans la salle, couper le son… Non seulement il pourrissait toute l’équipe pour se venger de mon refus, mais il me faisait des allusions sexuelles toutes les semaines. Ça allait des gestes et regards déplacés aux insultes. Il se positionnait à quelques centimètres de mon visage et me hurlait dessus, me traitait de connasse et de pute. Il est aussi revenu plusieurs fois à la charge : "Je suis si dégueulasse que ça, pour que vous ne vouliez pas coucher avec moi ?". J’ai toujours été très claire, je lui disais des choses comme : "Même pas en rêve". Je répondais du tac au tac quand il me hurlait dessus, je ne l’ai pas laissé me toucher et je le remettais tout le temps en place. Mais il a été jusqu’à dire à une autre troupe qu’il allait réussir à coucher avec moi. Je me demande comment il a pu s’imaginer ça pendant dix mois, surtout qu’il le revendiquait et que d’autres comédiens le cautionnaient. Une fois, l’un d’entre eux, nous voyant côte à côte, nous a demandé : "Alors ça y est, vous discutez de quand ça va se faire ?". Mon collègue lui est rentré dans le lard une fois, mais sinon, en dix mois, personne n’est allé voir le directeur pour lui dire de me lâcher. Les policiers m’ont dit qu’ils ne pourraient pas aller très loin s’il n’y avait pas de passage à l’acte L’ambiance est devenue tellement catastrophique qu’on a voulu changer de théâtre. Mais il l’a appris, et a appelé l’autre salle pour nous descendre, en disant qu’on causait des problèmes et qu’on était des mauvais payeurs. On a donc dû finir la saison dans son théâtre. Ce n’était pas facile car il encourageait ses employés à mal se comporter avec notre équipe, si bien que l’un d’entre eux a poussé notre batteur dans l’escalier. Même s’il n’a rien eu de grave, je me suis dit que ça avait trop dégénéré. Fin mars, j’ai porté plainte contre le directeur puisque les mails que je lui avais envoyés pour lui demander de changer de comportement n’avaient eu aucun effet. Les policiers m’ont dit qu’ils ne pourraient pas aller très loin s’il n’y avait pas de passage à l’acte. Alors, je me suis adressée à l’Inspection du travail. Ils m’ont dit que les délais de traitement étaient très longs, mais m’ont conseillé d’envoyer un recommandé au directeur, lui rappelant les faits reprochés et lui disant que j’avais porté plainte. C’est ce que j’ai fait ; sans suite. J’ai envoyé le dernier recommandé mi-juillet, et il a porté plainte contre moi début août pour extorsion de fonds – il ne respectait pas le contrat selon lequel il devait prendre uniquement 50% des recettes du spectacle, et je le lui reprochais, en plus du harcèlement. Il niait le contenu de mes recommandés. C’est pour cela qu’on s’est retrouvés en confrontation au poste de police à la mi-septembre. "Si je l’avais su, je ne l’aurais pas fait" On a alors parlé du harcèlement. Quand les agents m’ont questionnée sur les dommages psychologiques, je leur ai dit que j’avais du mal à dormir, que ça avait été dur pour moi. Le directeur est intervenu : "Si je l’avais su, je ne l’aurais pas fait". À un moment, j’ai – encore plus – halluciné. Comme les policiers n’étaient pas familiers du milieu, je leur ai expliqué que je n’étais pas comédienne pour le directeur du théâtre, mais que j’avais moi-même un spectacle dans lequel je jouais. A ce moment, il a lâché: "De toute façon je ne travaille qu’avec des comédiennes qui couchent avec moi". Je ne l’aurais jamais fait, jamais. Mais le sexe était récurrent dans ses relations professionnelles avec les femmes. Dans ce milieu, c’est quelque chose d’assez courant. Ça génère des mauvais réflexes chez ce genre de personne, qui pense avoir du pouvoir et qui jouit de sa domination. Pourtant, je ne suis pas rentrée dans son jeu. Je m’étais toujours dit que je ne me laisserais pas faire si je tombais sur un prédateur, que j’étais libre de mes choix. Je n’ai pas cédé alors qu’il m’a menacée à plusieurs reprises. Il me disait qu’il connaissait des gens importants, que j’aurais des problèmes si j’allais voir les policiers. Après la confrontation, je n’ai pas dormi pendant quinze jours, même si j’ai changé de théâtre et que le directeur a été assigné en justice. J’en fais encore des cauchemars. J’y repense et je réalise que je n’avais pas conscience de l’impact que cette histoire a eu sur moi. On ne s’en remet pas aussi vite qu’on le croit." *Le prénom a été modifié. Lire aussiAgressions sexuelles : "J'avais presque l'impression que c'était de ma faute"
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Macron récompense les premiers convertis de droite (Wed, 18 Oct 2017)
Marie-Anne Montchamp, ex-sarkoziste avait été la première ancienne ministre de François Fillon à rejoindre Macron. Ils ont « pris leur risque », selon l’expression consacrée en Macronie. Cinq mois après son élection, le chef de l’Etat prend grand soin des premiers convertis. Ceux qui parmi les ex-LR ont franchi le Rubicon pendant la campagne présidentielle, avant même que François Fillon n’échoue au premier tour. L’ex-juppéiste Jean-Baptiste Lemoyne avait rejoint l’équipe Macron au début du mois de mars : il a été nommé secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères le 21 juin dernier. Dans le Journal Officiel de ce mercredi 18 octobre, on apprend une nouvelle nomination, celle Marie-Anne Montchamp à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Elle devrait en être élue présidente lundi prochain à l’issue d’un vote du conseil d’administration. Le 28 mars dernier, l’ex-sarkoziste avait été la première ancienne ministre de François Fillon à rejoindre l’équipe Macron. Egalement secrétaire d’Etat sous le gouvernement Raffarin, elle avait participé en 2004 à la création de cette Caisse qui contribue au financement de la perte d’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.
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